Société des Amis de la Bibliothèque Forney




VISITE DE L'ATELIER DE RELIURE
DE LA BIBLIOTHÈQUE FORNEY





Ssamedi 1er décembre 2012

Caché au second étage de l'Hôtel de Sens se trouve un atelier inaccessible au public où une équipe de cinq artisans relieurs s'occupe de la conservation des documents de la bibliothèque, de leur mise en état de communication au public, de leur conditionnement, ainsi que de l'équipement des livres en prêt.

Philippe Mélin et Perrine Morellet accueillent le groupe dans la cour et le conduisent à l'atelier. L'espace étant compté, deux groupes de dix personnes se sont succédé. La visite s'est déroulée en deux temps : découverte du local et du matériel, puis présentation de travaux avec explications techniques dans la salle de lecture du service iconographique.

Cet atelier a pris le parti de ne pas faire de reliure traditionnelle, assurée par des prestataires privés, mais de privilégier le conditionnement sur-mesure. Il s'occupe aussi du titrage et de la cotation des documents. Une démonstration est faite du nouveau traceur électronique, acheté grâce à la Société des Amis de la Bibliothèque Forney, qui permet d'inscrire du texte à l'encre de Chine sur papier. Cette technique remplace ici depuis vingt ans la dorure traditionnelle sur cuir. Les visiteurs examinent la vieille presse en bois, la cisaille et le massicot qui permettent de couper papiers et cartons.

Puis le groupe traverse la bibliothèque pour se rendre dans la salle de lecture du service iconographique où une sélection de documents a été préparée. Certaines collections insolites demandent des conditionnements originaux et imposent de s'adapter à des contraintes variées de communication au public, de conservation et de rangement. Cette diversité de solutions est présentée par des exemples :



Le coffret de conservation sur-mesure permet de conserver le document dans son état original, à l'abri de la poussière et de la lumière. Il est aussi très utile pour rassembler des périodiques, ou des collections thématiques (étiquettes, menus, sets de table, livres nains...) sans recourir à la reliure.

On enchaîne avec des explications sur les différents matériaux utilisés, issus de catalogues spécialisés : toiles, colles, papiers et cartons de conservation, obligatoirement neutres pour ne pas accentuer la dégradation naturelle des documents. Les coffrets sont entièrement réalisés à la main à l'atelier. Pour les documents moins précieux ou peu épais, un conditionnement en carte rigide, plus léger et plus rapide d'exécution que les coffrets de conservation, a été adopté. Différents modèles de pochettes neutres, conçus selon la nature du document, sont ainsi présentés.

Enfin, on aborde la question de la reliure telle qu'elle est pratiquée à l'atelier. Elle concerne principalement des documents délicats à traiter de façon traditionnelle en se basant sur l'utilisation de la couture "à la chinoise" qui permet d'assembler les pages à une couverture cartonnée sans avoir à les encoller. C'est donc une reliure réversible, qui offre beaucoup de déclinaisons possibles. Elle permet une très bonne ouverture du livre.

Philippe Mélin conclut sur la nécessité d'un compromis final entre la valeur et l'état du document à traiter, la rapidité et le coût d'exécution, tout en tenant compte des contraintes budgétaires. ll remercie les adhérents, touché par leur curiosité et leur intérêt pour les collections. La visite se termine par des questions sur le parcours professionnel de l'équipe.